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Décrochage scolaire

Prévenir le décrochage scolaire

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale et un enjeu européen. Elle articule prévention et mise en oeuvre de dispositifs de "raccrochage" afin que chaque jeune puisse construire son avenir professionnel et réussir sa vie en société. Les processus de déscolarisation sont complexes ; ils demandent une réponse concertée de la part de tous les acteurs de l’éducation, de la jeunesse, de l’emploi comme le montreront les assises régionales consacrées au décrochage scolaire, le 31 janvier.

Qu'entend-on par décrochage scolaire ?
Le décrochage est un processus qui conduit un jeune en formation initiale à se détacher du système de formation jusqu'à le quitter avant d'avoir obtenu un diplôme, qu'il soit dans un dispositif de l'éducation nationale, de l'agriculture ou en apprentissage. Un décrocheur est un jeune qui abandonne - ou risque d'abandonner - prématurément son parcours de formation sans avoir obtenu un diplôme de niveau V (BEP ou CAP) ou de niveau supérieur.

Le décrochage est un phénomène difficile à quantifier. Les mesures nationales s'appuient sur différents indicateurs :

  • le taux d'absentéisme
  • le nombre de jeunes qui n'ont obtenu aucun diplôme à l'issue de leur scolarité
  • le nombre de jeunes dits "sortants précoces", âgés de 18 à 24 ans, qui ne poursuivent pas d'études et qui n'ont pas de diplôme
  • le nombre de jeunes qui sont sans qualification après avoir interrompu leurs études au collège ou en première année de CAP ou de BEP.

Au niveau européen, le taux d'abandon scolaire moyen est évalué à 14,4 % en 2011. La commission européenne s'est fixée comme objectif de le ramener en dessous de la barre des 10 % à l'horizon 2020. En France, le nombre de jeunes décrocheurs est estimé à 7% d'une classe d'âge. Dans l'académie de Nantes, il est de l'ordre de 4%.

La prévention du décrochage commence dès l'école primaire
La prévention de l'abandon scolaire doit commencer le plus tôt possible, par un soutien scolaire des enfants et par la prévention des situations susceptibles de conduire au décrochage, telles que le redoublement ou des besoins particuliers. Les mesures d'intervention doivent répondre de manière rapide et efficace à des difficultés naissantes telles que l'absentéisme ou de faibles résultats.
Le repérage et le traitement des absences sont des éléments clés de la prévention. Tout manque d'assiduité doit donner lieu à l'instauration d'un dialogue avec la famille et à la mise en place d'actions concertées entre la communauté éducative, les autorités académiques et les acteurs sociaux.
Dès les premiers signes de difficulté, il importe d'apporter une réponse individualisée aux élèves concernés grâce aux dispositifs éducatifs que sont les stages de remise à niveau en CM1 et CM2, les programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE), l'accompagnement éducatif au collège. L'innovation et l'expérimentation peuvent apporter également beaucoup dans ce domaine.
Lorsque les difficultés persistent, d'autres modalités de scolarisation peuvent être mises en œuvre. Les dispositifs en alternance permettent aux élèves démotivés de renouer avec la réussite en se confrontant à des situations d'apprentissage concrètes et valorisantes, en relation avec le monde professionnel. Les dispositifs relais accueillent les élèves de collège entrés dans un processus de rejet de l'institution scolaire dans l'objectif de les remobiliser autour des apprentissages et de les engager dans un processus de resocialisation.

Et après la scolarité obligatoire ?
La prévention du décrochage scolaire des jeunes de plus de 16 ans se fait d'abord au niveau de l'établissement scolaire. L'ensemble des acteurs de la communauté éducative sont concernés par la lutte contre le décrochage scolaire, qui est intégrée dans le projet d'établissement. Les familles sont associées. L'objectif est de comprendre la situation individuelle de l'élève pour le réinstaller dans une dynamique positive par rapport à ses études. Les outils à la disposition des enseignants sont variés et permettent là aussi d'apporter une réponse individualisée : l'accompagnement personnalisé, le tutorat, les stages de remise à niveau, les stages passerelle pour se réorienter, les entretiens personnalisés d'orientation, les parcours de découverte des métiers et des formations...

Lorsque la rupture avec l'École est avérée et ne permet plus à la communauté éducative de l'établissement d'assumer le suivi, un accompagnement par la mission générale d'insertion (MGI) est mis en place. Un bilan-positionnement est proposé au jeune décroché ; l'offre de formation "seconde chance" de l'Éducation nationale lui est alors présentée. Si le jeune n'y adhère pas, il est dirigé et accompagné vers la plate forme territoriale de suivi et d'appui aux décrocheurs.

Créées en 2011, 400 plates-formes de suivi et d'appui aux décrocheurs couvrent aujourd'hui l'ensemble du territoire national. Seize d'entre elles maillent la région des Pays de la Loire. Elles sont un mode de coordination des acteurs locaux de la formation, de l'orientation et de l'insertion des jeunes. Les établissements scolaires, les MGI, les centres d'information et d'orientation (CIO), les missions locales, les écoles de la deuxième chance (E2C) et les collectivités sont notamment associées. Elles ont vocation à repérer rapidement les jeunes de 16 à 18 ans sans diplôme et sans solution puis à leur proposer des solutions de formation ou d'insertion leur permettant de préparer leur entrée dans la vie active. Cela afin qu'aucun d'entre eux ne soit laissé hors de tout système de formation, d'insertion ou d'accompagnement vers l'emploi.


M.A.J. Le 24 janvier 2012


Les assises régionales

Décrochage scolaire
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