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Académie de Nantes

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Les expérimentations dans l'académie de Nantes

Expérimentations et innovations pédagogiques au service de l'enseignement des langues

Aux Sables d'Olonne, des ateliers par compétence langagière (label national)

Sensibles au manque d'autonomie langagière des élèves lors des épreuves du baccalauréat et à leur difficulté à évaluer et à s'évaluer dans une prestation orale, les professeurs de langue du lycée Sainte-Marie-du-Port aux Sables d'Olonne ont décidé  de modifier leurs pratiques d'enseignement. Pour réduire le plus rapidement possible la grande hétérogénéité des compétences des élèves à l'entrée en seconde en construisant cette autonomie, ils ont proposé aux élèves des ateliers par compétence langagière misant sur le travail en groupe, la responsabilisation des élèves, l'habitude à s'appuyer sur l'auto et la co-évaluation. Les ateliers intègrent plusieurs « micro-activités » participant à la construction d'une compétence identifiée.
 
Concrètement, pour entrer dans tel ou tel atelier de langue, il importe que l'élève soit capable d'identifier ses besoins, ses lacunes, son évolution. La disponibilité simultanée des TICE est un facteur qui favorise l'expérimentation en donnant la possibilité de mettre les élèves en situation de travail autonome. Les professeurs d'anglais sont pionniers dans cette mise en œuvre et ils poursuivent l'expérimentation dans un groupe de 1ère S de 60 élèves. Pour les deux tiers, ce groupe est constitué d'élèves déjà impliqués dans leur réussite puisque ayant appartenu à une seconde internationale ou à une seconde européenne et en capacité de soutenir un « TPE international » en anglais.
 
En termes d'harmonisation, les bulletins de classe devraient afficher des évaluations parallèles des compétences visées dans les deux ou trois langues suivies par chaque élève. Les ateliers dans les trois langues font l'essai de parcours individualisés, balisés par des évaluations et auto-évaluations régulières. Tous les professeurs attendent que les programmes et les épreuves du baccalauréat soient mis en cohérence. En effet, il existe encore quelques hiatus entre les programmes et les modalités des épreuves, difficiles à prendre en charge dans le travail en atelier.

A La Ferté Bernard, des groupes de compétences (label académique)

Au lycée Robert-Garnier à La Ferté-Bernard, c'est l'équipe de direction qui a souhaité voir une optimisation des moyens alloués en langues vivantes. Dès le premier bilan concernant la mise en place des groupes de compétence, on a pu constater la réactivité et l'investissement évident des équipes enseignantes. Par ailleurs, il est fait mention, en anglais comme en espagnol du discours du président de la République relatif aux groupes de compétences. Les professeurs sont réellement préoccupés par l'exigence de l'Institution dans le cadre du plan d'amélioration du niveau de maîtrise des langues vivantes à l'école et l'attente clairement exprimée des élèves.
 
D'ores et déjà, on peut retenir la mise en œuvre d'une évaluation diagnostique concertée et la prise en compte de plusieurs activités de communication langagières pour évaluer le niveau de maîtrise des élèves. Cette approche s'inscrit bien dans la continuité du socle commun et dans le projet académique, qui pointe la nécessité d'apporter une aide plus personnalisée aux élèves de seconde. L'effort constant pour éviter la dérive vers des groupes de niveau est également à signaler de même que l'effort consenti pour obtenir l'adhésion des élèves au dispositif et pour informer les familles.
 
Il est à noter un intérêt pour cette démarche expérimentale qui induit une concertation plus importante des équipes autour d'un projet commun. Ce travail préliminaire important et « chronophage », devrait porter ses fruits à moyen et long terme. Il semble déjà influer positivement sur les pratiques de classe, en particulier sur la recherche d'une évaluation positive et critériée, validée par l'ensemble des équipes. De même, les élèves, grâce à l'extension du dispositif à deux langues et à la cohérence avec la validation du niveau A2 pour l'obtention du Diplôme national du brevet en fin de troisième, ont facilement  adopté cette organisation.
 
Cette approche semble particulièrement innovante et pertinente de par la recherche d'une adéquation entre le mode organisationnel et l'efficacité de l'enseignement. Les équipes se rendent compte de la nécessité d'éprouver plusieurs modes opératoires (groupes de compétence au sein d'une même classe pour l'anglais, professeurs en binôme pour l'espagnol...) avant d'adopter, dans une phase ultérieure de stabilisation du dispositif, l'organisation la mieux adaptée.
 
D'autre part, l'expérimentation ne prendra tout son sens aux yeux des équipes qu'après avoir concrètement mesuré les progrès des élèves pour légitimer les modalités qui seront retenues. On perçoit bien comment la mise en place des groupes de compétence doit être une stratégie au service de l'apprentissage des langues.
En effet, apparaît une certaine appréhension voire une réticence de quelques enseignants qui s'interrogent au sujet de l'efficience de ce dispositif. Il faudra sûrement être attentif à la plus-value pédagogique de cette expérimentation tout au long de l'année, y compris, le cas échéant, dans le suivi des cohortes, de manière à rassurer les professeurs et éventuellement recentrer l'action. L'accompagnement des équipes pourrait se focaliser sur la cohérence de l'apprentissage dans une programmation annuelle, sur le traitement de l'évaluation diagnostique, sur la prise en compte des acquis antérieurs et sur le suivi individualisé des élèves au sein de ce dispositif.

A Mamers, le rôle des stages linguistiques pendant les vacances (action innovante)

Comment permettre à chaque lycéen de vraiment pratiquer une langue vivante étrangère sans sortir de son lycée ? L'équipe pédagogique du lycée Perseigne à Mamers, a tenté de répondre à cette question. Un stage linguistique pendant les vacances permet une immersion dans la culture à travers la pratique intensive de la langue orale. C'est ainsi que neuf Sarthois ont pu faire un tour en Espagne. La stricte correction des phrases n'est pas exigée : ce qui compte, c'est de s'exprimer, d'être compris et, à l'inverse, de comprendre ce que disent les autres. Les activités choisies imposent de rester dans la fluidité des échanges, de l'écoute à la réplique.

D'activité en activité et de jour en jour, le réinvestissement du vocabulaire, de tournures idiomatiques, d'outils de connexion, d'argumentation construit des débuts d'automatismes. Mais une brève préparation écrite est essentielle : c'est ce petit moment de retour individuel sur les fiches-ressources, sur le fil conducteur, qui permet à chacun d'élaborer son projet en intégrant un maximum d'éléments déjà vus ou proposés. La seconde activité reprend toujours le lexique, les outils de la précédente. Revenus en cours, les élèves, même ceux qui étaient muets avant, ont continué à prendre la parole. L'une, aux compétences encore modestes, faible, se dit elle-même très surprise de se sentir aussi à l'aise pour participer et se réjouit de voir ses résultats écrits s'améliorer. L'oral du bac a confirmé les progrès. Les élèves dont les notes étaient très faibles bas ont réussi à obtenir 10 et les autres ont eu 14 ou 15. Une élève avait même conclu son questionnaire d'évaluation du stage par ces mots : Il faudrait proposer ce stage à chaque période de vacances et dans différentes matières.

A Laval, le rôle des assistants de langue étrangère

Le lycée Ambroise-Paré à Laval a mis en place, en lien avec une assistante de langue espagnole, une activité d'exposés oraux dans une section européenne espagnol ouverte à la rentrée 2008. Il s'agit ici de profiter du dispositif particulier d'une section européenne pour jouer pleinement la carte du croisement disciplinaire. Pour rappel, cette classe européenne bénéficie d'une heure supplémentaire d'enseignement de langue et d'une heure supplémentaire d'histoire-géographie dispensée en langue espagnole.

A Challans, rencontre avec deux assistantes de langue étrangère

Pour les élèves, les assistants de langue sont la manifestation en chair et en os que l'apprentissage d'une langue est d'abord contact avec une culture tout à la fois pour partie différente et pour partie commune. L'assistant est en effet porteur d'une vision de la langue venue d'ailleurs. La notion d'exotisme est finalement aussi relative que positive. Elles ne sont pas enseignantes mais cela ne les empêche pas de s'interroger sur la pédagogie qu'elles pratiquent, avec une inventivité et un souci de l'élève qui ne manquent pas d'intérêt. Plus qu'un enseignement, il s'agit en effet du partage d'une langue vivante, moderne, porteuse d'une culture et d'une ouverture sur un monde dont est issu l'assistant.

Il s'agit de créer l'envie de s'exprimer et la curiosité de découvrir une culture différente. L'étrangeté d'une langue n'est en aucun cas un obstacle à la communication, elles le savent mieux que personne. Ces séances ont lieu pendant les heures de cours de langue: certains élèves restent avec l'enseignant tandis que les autres vont travailler avec l'assistante. Ce petit effectif constitue évidemment un incontestable atout qui facilite nettement la pratique de l'oral. Ceci est renforcé au lycée Truffaut à Challans par la salle qui leur est réservée. Elle ressemble davantage à un petit salon qu'à une salle de cours, excepté le tableau blanc sur le mur. Une table basse, des petits fauteuils : un endroit pour « papoter » entre amis plus qu'une austère salle de classe à estrade. La situation des assistantes peut également faciliter une relation décomplexée avec la langue. Elles ne sont guère plus âgées que certains de leurs élèves et elles n'ont pas la charge de l'évaluation. Et puis, elles sont elles-mêmes en situation d'apprentissage, ce dont elles jouent volontiers pour inciter les élèves les plus timides à s'exprimer sans craindre de faire des fautes.

Il ne s'agit pas de faire le travail de l'enseignant. L'apprentissage méthodique des règles linguistiques n'est pas de leur ressort. Il s'agit plutôt d'appliquer en situation les connaissances acquises. Les deux assistantes définissent de la même manière leur objectif premier : faire parler, redonner confiance, débloquer la parole, susciter l'envie de pratiquer la langue et de découvrir la culture. Pour définir leur rôle, elles utilisent volontiers le terme d'hôtesse. Ne possédant pas l'expertise nécessaire à un apprentissage linguistique et métalinguistique poussé, ce qui est du ressort de l'enseignant, elles s'appuient sur les compétences et le contexte qui sont les leurs. Leur but est de faire en sorte que chacun se sente à l'aise, condition sine qua non d'une expression libérée et spontanée, que chacun trouve sa place dans le groupe et puisse s'ouvrir à cette langue étrangère qui leur est à elles maternelle, par envie et curiosité et non par contrainte.

M.A.J. Le 4 mai 2010


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