L'apprentissage d'une langue étrangère à l'école répond à trois objectifs essentiels.
Par ordre d'importance :
- découvrir une autre culture que la sienne en ayant envie de rencontrer l'étranger, l'autre différent de soi ;
- profiter de son jeune âge pour prononcer avec la meilleure correction phonétique possible, « un accent qui ressemble au vrai » ;
- pour apprendre peu à peu à parler dans une autre langue vivante étrangère, en allemand, en anglais, en espagnol1...
Mais pour que les enfants profitent au mieux de cet apprentissage, qui est une vraie ouverture aux autres, les professeurs des écoles chargés de cet enseignement doivent posséder une double compétence :
- Parler la langue qu'ils enseigneront à un niveau suffisant.
Ce niveau est estimé au niveau B2 de l'échelle de compétences élaborée par le Conseil de l'Europe en 2001, par le biais du Cadre européen commun de référence pour les langues. Avec un niveau B2, il est par exemple possible de comprendre et de se faire comprendre avec fluidité par téléphone.
- Savoir comment l'enseigner (la compétence didactique).
La formation initiale prévue dans les IUFM2 aujourd'hui, celui de l'Université de Nantes en particulier, est là pour se préoccuper essentiellement du second point. En deux années, une formation didactique de 34 heures est donnée aux futurs enseignants. Ils apprennent ainsi notamment :
- à se mettre à la place des élèves, en suivant un cours de langue inconnue,
- les principes de l'acquisition d'une langue étrangère,
- les objectifs de l'apprentissage d'une langue,
- les méthodologies, les méthodes, et les outils qui existent pour y parvenir,
- l'importance d'éveiller à d'autres langues,
- et à analyser leurs pratiques de classe lors des retours de stage.
La compétence langagière quant à elle (savoir parler la langue), est essentiellement travaillée en amont, au cours de la formation universitaire. Il est en effet impossible d'accéder au niveau B2 pendant la seule année de préparation au concours, à savoir la première année de formation à l'IUFM. Il faut du temps pour apprendre une langue étrangère.
Ces deux compétences sont indispensables. Mais nous savons aussi que la mission essentielle d'un professeur des écoles est d'abord d'être un pédagogue efficace avant d'être un linguiste confirmé, car la pédagogie est l'outil majeur pour conduire aux apprentissages. Il serait donc dommage d'écarter certains enseignants sous prétexte qu'ils ne parlent pas suffisamment une langue étrangère. Il est encouragé ainsi en formation initiale ceux qui n'ont pas un niveau B2, à ouvrir leurs classes pour des échanges de services et à pratiquer l'éveil aux langues avec leurs élèves, ce qui leur permet d'atteindre les deux premiers objectifs de l'apprentissage d'une langue étrangère à l'école primaire. Car c'est ainsi que le troisième objectif, « parler », sera atteint.
1Huit langues sont prévues par les textes officiels, au choix des familles. Par ordre alphabétique : l'allemand, l'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol, l'italien, le portugais et le russe. Il semble en effet important, dans un contexte européen plurilingue, de ne pas limiter le panel des langues apprises.2 Institut universitaire de formation des maîtres, prochainement transformé en Département universitaire qui préparera aux masters 1 et 2 des Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF).