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Semaine de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin

Jeunes filles, osez entreprendre !

Nouveau coup de projecteur sur l’entrepreneuriat féminin : les élèves de terminale du lycée Brossaud-Blancho à Saint-Nazaire ont accueilli la semaine dernière deux femmes cheffes d’entreprise.

Devant un auditoire de lycéens attentifs, elles ont témoigné de leur parcours professionnel atypique, un parcours souvent semé d’embuches mais toujours marqué par une conviction : « oser sa vie idéale ! », en dépassant les stéréotypes des représentations des femmes dans le monde de l’entreprise.

L’oreille d’abord un peu distraite, devient attentive lorsque ces deux femmes évoquent les « discriminations ordinaires » au sein de leurs différents lieux de travail : les sifflets lorsque l’une circule en bleu de travail, les allusions graveleuses, la voiture de fonction que l’on attribue au collègue masculin alors qu’il remplit les mêmes fonctions, l’embauche au seuil de la fourchette de rémunération, les dures négociations pour obtenir un C.D.I, la demande de temps partiel lors de l’arrivée d’un deuxième enfant, que l’employeur propose de transformer en licenciement et réembauche au bout de deux ans.

Les élèves ne sont pas vraiment surpris. A l’aube de leur entrée dans la vie professionnelle, ils ont déjà acquis une petite expérience du monde de l’entreprise lors des périodes de formation en milieu professionnel. Ils savent bien dire que les femmes à responsabilité égale ont une rémunération inférieure de 20 à 25 %, qu’elles sont encore rares sur les chantiers et sont souvent destinées à des tâches spécifiques. Preuve en est, le peu de mixité dans les classes de sections industrielles ou de services et soins à la personne. Cependant les lignes bougent et les jeunes filles ou jeunes hommes qui choisissent des filières peu mixtes assument désormais complètement leur choix.

Échanges avec les élèves
Échanges avec les élèves

L’échange invite ensuite les élèves à se projeter, quand ces femmes abordent la nécessité à un tournant de leur vie, de fonder une entreprise, de concrétiser cette petite idée, qui depuis toujours se rappelle à elles. La reprise d’études, la mise en place du « business plan », les notions de comptabilité, de marketing, la question fondamentale : « quel plus vais-je apporter pour que mon entreprise décolle ? » confirmeront la volonté d’aller jusqu’au bout.

Être déterminée

Aurélien, élève en bac pro électrotechnique, fait part de son incrédulité lorsqu’il entend l’une d’entre elles parler de son manque de confiance, l’incapacité à dire ce qu’elle voulait vraiment faire quand elle était élève. Quelques doigts se lèvent timidement quand l’entrepreneure demande aux élèves de bac pro gestion administration qui parmi eux a déjà songé à monter son entreprise. Tous s’accordent à dire qu’ils souhaitent avoir d’abord une expérience en entreprise. Et puis comment trouver l’argent ? Pas facile, surtout, comme le dit Patricia Ezvan, qui a créé « A l’ombre d’un chêne » (activité autour de la gestion du stress et du bien-être), quand on est seule avec deux enfants et que les banques vous questionnent sur cette situation sans jamais évoquer votre projet et vos compétences. Qu’à cela ne tienne, elle lancera une campagne de financement participatif.

Être polyvalente

Pas de contes de fée pour autant : avoir des notions de comptabilité, de la trésorerie d’avance, se doter d’indicateurs, ne jamais rester seule, construire un réseau sont des éléments indispensables quand on monte une entreprise. « Quand on est une femme et qu’on lance une entreprise, il faut toujours se justifier », dira-t-elle. Selon elle une femme est toujours exposée à un procès d’incompétences et puis, la question se pose : comment mener de front sa vie d’entrepreneuse et sa vie de famille ? Les jeunes filles ici l’ont entendu et bien compris. Peut-être qu’à leur tour, un jour, cette petite idée qui leur grattait la tête, deviendra réalité.
 

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Rédigé par Gaetan Lemarie

M.A.J. le 20/03/2017