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publié le 14 septembre 2005

Des écoles aux contextes parfois différents, mais offrant des caractéristiques communes

Faire le choix d’enquêter dans trois départements, au sein d’écoles de types différents, c’est accepter d’emblée d’étudier les conditions de la réussite scolaire sur des territoires et des terrains variés.

A priori, en effet, la ZEP Nantes Nord, par exemple, où sont im-plantées les écoles Françoise Dolto et George Sand, semble avoir peu à voir avec le ca-dre plus rural des écoles de Mayenne et de Vendée, tant les chiffres et pourcentages qui caractérisent ce quartier de Nantes laissent deviner des situations sociales, culturelles et économiques très difficiles pour les élèves et leurs familles : 69% de PCS défavorisées à l’école F. Dolto, 61% à George Sand, avec presque 35% d’élèves étrangers pour la première école et 21% pour la seconde ; 21 nationalités sont représentées dans la circonscription et le taux de chômage sur le quartier avoisine les 35%. L’écart est bien réel si on rapporte ces données à celles de petites écoles de villages comme celles de Saint-Gervais ou de Saint-Michel-Le-Cloucq en Vendée, ou celles d’une petite ville mayen-naise comme Renazé ou vendéenne comme Soullans qui figuraient dans notre échantil-lon. Toutefois, on est malheureusement surpris de retrouver ces difficultés de tous or-dres dans des secteurs très éloignés des grandes agglomérations de l’académie, comme le bassin Sud Vendée par exemple, ainsi que l’attestent les chiffres recueillis à l’école Bouron-Massé de Fontenay-le-Comte, qui faisait aussi partie des écoles visitées : le quartier compte environ 36% de familles sans activité et 36% autres ont des emplois précaires avec des salaires inférieurs ou égaux au SMIC ; aux problèmes financiers s’ajoutent des situations familiales difficiles telles que la monoparentalité ou le déracinement lié à l’immigration.
Au-delà des réalités socio-économiques et culturelles plus ou moins convergentes où elles s’inscrivent, ces écoles ont surtout en commun quelques caractéristiques relevées par les équipes d’inspecteurs. Même si on constate dans la majorité des écoles visitées un manque d’ambition scolaire chez les élèves et leurs familles, une certaine pauvreté culturelle et langagière, contre laquelle des efforts importants sont menés, il y a partout un grand respect pour l’école, parfois au prix de gros efforts des équipes d’enseignants pour construire ou reconstruire une représentation positive de l’école auprès de certains parents. Ces équipes, animées par une volonté commune d’engagement fort au service public d’éducation, sont dans l’ensemble très stables, font preuve de beaucoup de cohé-sion, mutualisent facilement et veillent dans l’ensemble à offrir unité et cohérence dans leurs démarches didactiques et pédagogiques. Le rôle important du directeur est souli-gné à plusieurs reprises, son dynamisme et son charisme créant une véritable impulsion de l’équipe. Dans toutes les écoles visitées, enfin, l’accent a été mis sur la qualité des relations avec les municipalités qui se montrent attentives à l’entretien des locaux, à la qualité du cadre de vie des enfants et qui accompagnent volontiers les projets montés par les maîtres.



rectorat de nantes