Des écoles
aux contextes parfois différents, mais offrant des
caractéristiques communes
Faire le choix d’enquêter dans
trois départements, au sein d’écoles de
types différents, c’est accepter d’emblée
d’étudier les conditions de la réussite
scolaire sur des territoires et des terrains variés. |
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A priori, en effet, la ZEP
Nantes Nord, par exemple, où sont im-plantées
les écoles Françoise Dolto et George Sand, semble
avoir peu à voir avec le ca-dre plus rural des écoles
de Mayenne et de Vendée, tant les chiffres et pourcentages
qui caractérisent ce quartier de Nantes laissent deviner
des situations sociales, culturelles et économiques
très difficiles pour les élèves et leurs
familles : 69% de PCS défavorisées à
l’école F. Dolto, 61% à George Sand, avec
presque 35% d’élèves étrangers
pour la première école et 21% pour la seconde
; 21 nationalités sont représentées dans
la circonscription et le taux de chômage sur le quartier
avoisine les 35%. L’écart est bien réel
si on rapporte ces données à celles de petites
écoles de villages comme celles de Saint-Gervais ou
de Saint-Michel-Le-Cloucq en Vendée, ou celles d’une
petite ville mayen-naise comme Renazé ou vendéenne
comme Soullans qui figuraient dans notre échantil-lon.
Toutefois, on est malheureusement surpris de retrouver ces
difficultés de tous or-dres dans des secteurs très
éloignés des grandes agglomérations de
l’académie, comme le bassin Sud Vendée
par exemple, ainsi que l’attestent les chiffres recueillis
à l’école Bouron-Massé de Fontenay-le-Comte,
qui faisait aussi partie des écoles visitées
: le quartier compte environ 36% de familles sans activité
et 36% autres ont des emplois précaires avec des salaires
inférieurs ou égaux au SMIC ; aux problèmes
financiers s’ajoutent des situations familiales difficiles
telles que la monoparentalité ou le déracinement
lié à l’immigration.
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Au-delà des réalités socio-économiques
et culturelles plus ou moins convergentes où elles
s’inscrivent, ces écoles ont surtout en commun
quelques caractéristiques relevées par les équipes
d’inspecteurs. Même si on constate dans la majorité
des écoles visitées un manque d’ambition
scolaire chez les élèves et leurs familles,
une certaine pauvreté culturelle et langagière,
contre laquelle des efforts importants sont menés,
il y a partout un grand respect pour l’école,
parfois au prix de gros efforts des équipes d’enseignants
pour construire ou reconstruire une représentation
positive de l’école auprès de certains
parents. Ces équipes, animées par une volonté
commune d’engagement fort au service public d’éducation,
sont dans l’ensemble très stables, font preuve
de beaucoup de cohé-sion, mutualisent facilement et
veillent dans l’ensemble à offrir unité
et cohérence dans leurs démarches didactiques
et pédagogiques. Le rôle important du directeur
est souli-gné à plusieurs reprises, son dynamisme
et son charisme créant une véritable impulsion
de l’équipe. Dans toutes les écoles visitées,
enfin, l’accent a été mis sur la qualité
des relations avec les municipalités qui se montrent
attentives à l’entretien des locaux, à
la qualité du cadre de vie des enfants et qui accompagnent
volontiers les projets montés par les maîtres.
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