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publié le 14 septembre 2005

Les réussites paradoxales aux évaluations d’entrée en sixième
Synthèse des observations et analyses réalisées sur le terrain

Problématique et conditions de mise en œuvre de l’étude

L’analyse comparée des résultats aux évaluations à l’entrée en sixième(1) pour tous les collèges de l’académie a montré qu’il existait une disparité importante entre établisse-ments sur le territoire académique mais aussi, et c’est là un élément très mobilisateur pour tous les acteurs du système éducatif, qu’il n’y avait pas de corrélation systématique entre les scores obtenus par les élèves et leur origine sociale, la catégorie socioprofes-sionnelle de leurs parents.

Ainsi, des collèges présentant des taux de PCS défavorisées supérieurs à la moyenne académique figuraient parfois dans le peloton des établisse-ments où les élèves réussissaient bien, voire très bien les tests d’évaluation ou, du moins, obtenaient des résultats bien meilleurs que des collèges accueillant des publics plus favorisés. Là où une forme de fatalité sociale aurait laissé attendre des résultats faibles, on se trouvait au contraire face à de véritables réussites scolaires, en français comme en mathématiques. C’est cet aspect paradoxal des résultats de l’évaluation 6ème que le groupe Pôle pédagogique a souhaité explorer.
Dans un premier temps, ont donc été retenus quatre collèges. L’un offre des résultats excellents, pour une population scolaire où les PCS défavorisées se situent dans la moyenne académique ; il s’agit du collège Milcendeau à Challans. Les trois autres sont des établissements aux PCS nettement défavorisées, mais qui affichent cependant des résultats moyens, voire bons, aux évaluations : on trouve dans cette catégorie le collège Stendhal de Nantes, le collège Tiraqueau de Fontenay-le-Comte et le collège Alfred Jarry de Renazé. Il a été ensuite demandé aux IEN en charge des circonscriptions correspondant à ces collèges de choisir deux écoles (une, pour ce qui concerne le clg de Renazé), en essayant de varier au mieux l’échantillon : petite/grande école, école ru-rale/de ville, écoles de ZEP, école d’application, etc. Ont été concernées les écoles sui-vantes :
- écoles Françoise Dolto et George Sand à Nantes ;
- école publique de Renazé (53) ;
- école Bouron-Massé de Fontenay-le Comte ;
- école publique de Saint-Michel-Le-Cloucq (85) ;
- école publique de Soullans (85) ;
- école publique Les Guernovelles de Saint-Gervais (85).
Après qu’un calendrier et un programme eurent été élaborés, chacune a fait l’objet d’au moins une journée de visite par un groupe composé de l’IEN de la circonscription ac-compagné, pour chaque école, de deux IA-IPR, l’un de Lettres, l’autre de Mathémati-ques.

Ces visites croisées ont consisté en observation de cours, de français et de mathé-matiques en priorité, mais aussi d’anglais, en consultation des outils des élèves (cahiers, manuels, référents…) et ont donné lieu à chaque fois à des entretiens, des discussions, des rencontres avec les enseignants. Sur certains sites, l’observation a pu porter sur des activités moins « ordinaires » : séance de « travail personnel contractualisé » en CM1-CM2, atelier de liaison Grande Section – CP. Dans tous les cas, le groupe d’inspecteurs a eu le souci de ne pas se cantonner au niveau d’enseignement du CM2 et de réaliser des observations dans diverses

Note (1) Les résultats utilisés ont été ceux de l’année scolaire 2003-2004, mais l’examen de ceux de l’année 2004-2005 a permis de constater que les collèges retenus pour établir une liste d’écoles à visiter figurent bien encore parmi les établissements obtenant des résultats satisfaisants, parfois excellents, compte tenu de la population d’élèves qu’ils accueillent.
classes, afin d’avoir une vue d’ensemble du parcours suivi par les élèves dans une même école.
Pour ces visites, le choix a été fait de limiter volontairement les ambitions de l’enquête. Il n’était pas question, étant donné la modestie des moyens mis en oeuvre, l’étroitesse de l’échantillon, la non-prise en compte d’un nombre important de paramètres connexes, de prétendre à un travail « scientifique », de réaliser une étude visant à poser des conclusions « définitives ». On a seulement souhaité que ces visites croisées puis-sent faire apparaître quelques éléments pouvant expliquer la réussite des élèves, notam-ment dans les deux disciplines, français et mathématiques, autour desquelles s’articule l’évaluation 6ème. Il s’agit donc moins d’un travail réflexif appuyé sur des méthodes scientifiques que d’une enquête pragmatique visant à un peu mieux comprendre le fonc-tionnement de ces « écoles de la réussite ».
Les enseignants ayant été informés par l’IEN que ces visites ne correspondaient en au-cune façon à des inspections, il importait que l’observation de cours et plus encore le temps de rencontre se déroulent dans un climat d’ouverture et d’écoute. C’est dans ce sens qu’on a souvent profité de l’opportunité d’un déjeuner en commun pour donner un tour plus libre et plus convivial à ce moment. Dans le même esprit, on a évité toute de-mande injonctive de documents, tout questionnement trop vétilleux. On a privilégié à l’inverse les questions ouvertes du type « qu’est-ce que vous faites pour faire réussir vos élèves ? Qu’est-ce que vous avez fait évoluer dans vos pratiques ? quelle analyse faites-vous de la réussite de vos élèves à l’évaluation d’entrée en sixième ? … ». On a veillé, en fait, à être le plus perméable, le plus réceptif possible à toute parole, tout signe, tout document, tout élément susceptible d’aider à éclairer le paradoxe de ces réussites scolai-res. Chaque visite a donné lieu à un compte rendu rédigé par l’équipe d’inspecteurs concernés.

 


Dossier piloté par Jean-Luc Jaunet
Délégué académique à l'action éducative et pédagogique
Coordonateur du Pôle pédagogique


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