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publié
le 14 septembre 2005 |
| Qualité
de la réflexion concernant la didactique et la pédagogie |
Une cohérence de formation construite dès la
maternelle
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| Là
où école maternelle et école primaire
sont regroupées ou sont situées dans un environnement
proche, enseignants de maternelle et de primaire, contrairement
à ce qui se passe en beaucoup d’endroits, travaillent
en équipe, conçoivent des projets ensemble et
s’accordent sur la façon de communiquer les résultats
des évaluations aux familles. On trouve de part et
d’autre la volonté de réunir des conseils
d’école globaux et des conseils de cycle, |
ce
qui contribue encore à renforcer la cohésion
des équipes et la cohérence de l’enseignement
dispensé. Des documents suivent les enfants d’une
classe à l’autre : sont ainsi cités un
classeur mémoire de français, un dossier d’évaluations
articulé avec un fichier récapitulatif des compétences
acquises, en cours d’acquisition ou non acquises, repérées
par un code couleur simple, etc. |
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La priorité accordée à la dimension langagière
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| La
place et la spécificité de chaque discipline
sont nettement prises en compte, mais on insiste beaucoup
à chaque fois sur l’activité langagière
: comme il a été dit par une équipe «
tout se tient dans le langage ». Cela passe dans certaines
écoles par un gros travail sur la langue orale, qui
commence dès la maternelle et semble bien adapté
aux particularités du public accueilli. C’est
aussi dans cet esprit qu’ont été mis en
place des ateliers sciences et langage. On note aussi des
actions nombreuses de lecture oralisée ; ainsi, des
élèves de CM, dans un groupe scolaire, vont
lire des contes à des enfants de Petite section de
maternelle. D’une manière générale,
l’oralisation occupe une place importante dans la majorité
des classes visitées. Les élèves montrent
qu’ils ont pris l’habitude de répondre
de façon complète, de rendre compte d’un
travail de recherche, de préciser leur stratégie,
de s’écouter. |
Parallèlement,
la place de l’écrit dans les apprentissages a
été renforcée. L’habitude s’installe
dans les écoles de faire écrire fréquemment
des écrits variés, individuels ou collectifs
(comptes rendus, découvertes documentaires, fictions,
poésie, journal sco-laire…). L’attention
est en même temps portée sur la rapidité
et la qualité graphique, voire calligraphique de l’écriture.
Il en résulte que la plupart des élèves
possèdent une écriture lisible et bien proportionnée,
comme le montrent les cahiers consultés. Cela n’est
possible que grâce à l’important travail
souvent conduit en amont, dès la Grande section de
maternelle, où on cherche à faire acquérir
progressivement des habitudes de rigueur : les élèves
ont un cahier d’écriture, l’objectif visé
étant qu’ils apprennent à se tenir correctement
pour écrire, à bien tenir leur crayon, à
tourner les lettres dans le bon sens et à se repérer
dans l’espace. |
Donner sens aux tâches à effectuer et aux apprentissage
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| La
plupart des enseignants rencontrés montrent un très
vif souci de trouver les situa-tions et les démarches
les plus favorables aux apprentissages. Ainsi, dans l’ensemble
des disciplines, à travers différents dispositifs
(projets d’écriture, d’échange ou
d’autres sorties, démarches de résolution
de problème, travail personnel contractuali-sé,
approches ludiques comme le Bingo, en anglais) ils s’efforcent
de mettre en scène un contexte authentique qui donne
tout leur sens aux outils à acquérir (notions,
conju-gaisons, procédures, vocabulaire…) en les
laissant à leur place de serviteurs, indis-pensables
mais seconds. On retrouve les mêmes préoccupations
en ce qui concerne l’activité de résolution
de problèmes. |
Certains
enseignants s’attachent à bien lui ac-corder
la place qui lui est due : institutionnalisation d’un
temps dans la semaine, tra-ces claires dans les cahiers d’élèves.
Les situations sont choisies de telle sorte que chaque élève
ait bien à résoudre un « problème
qui lui pose problème », le problème mis
en scène de sorte que toute difficulté étrangère
au problème soit évacuée. Durant une
séance observée les inspecteurs ont constaté
que les élèves ont construit de très
bons comportements (capacité à se poser des
questions, à procéder par essais, à inven-ter
des stratégies, à analyser leurs résultats,
à argumenter pour convaincre) et que la résolution
de problème est un rendez-vous attendu et très
apprécié. |
Des efforts pour diversifier les approches, individualiser
les apprentissages, tout en responsabilisant les élèves
et en cherchant à les rendre plus autonomes
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| C’est
aussi une des constantes pédagogiques rencontrées
au cours des différentes visi-tes. Outre la bonne articulation
entre les situations d’apprentissage et les évaluations,
on note la capacité des équipes rencontrées
à diversifier, voire individualiser leurs démarches,
à adapter souplement leurs exigences. Dans le même
temps, l’élève se trouve souvent associé
à son évaluation, comme en témoignent
les nombreuses prati-ques d’auto évaluation observées,
l’utilisation de classeurs autocorrectifs pour les élèves
les plus rapides.
Les travaux de groupe sont très présents, façon
de rapprocher l’enseignement des élè-ves,
de leur permettre une investigation plus autonomes et de les
rendre progressive-ment responsables : un temps de recherche
individuelle est systématiquement prévu, l’apport
du groupe consistant à confronter les différents
points de vue afin de cons-truire un consensus. Les enseignants
soulignent à ce propos l’importance des interac-tions
dans ce mode d’activité et leur rôle majeur
dans les apprentissages : il s’agit en effet, à
l’issue de la réflexion collective, de verbaliser
(pour le maître ou pour la classe) afin de justifier
ses choix et les procédures suivies ; de donner son
avis sur les présentations des autres ; de comprendre
ensemble ce qui est réussi et pourquoi… |
La
proposition la plus originale reste peut-être cependant
celle relevée dans une école de Vendée,
pour une classe de CM1-CM2. Le maître, pour prendre
en compte les différences des élèves
tout « en gardant le cap » propose en fait des
activités variées en parallèle selon
une stratégie de « travail personnel contractualisé
».. Cinq heures par semaine sont réservées
en début d’après-midi pour des exercices
en relation avec le reste des travaux en cours. En tenant
compte de certaines contraintes, chaque élève
est responsable de la quantité et de la nature des
travaux qu’il prévoit de faire pour une quinzaine,
contrat qu’il établit lui même et que le
professeur évalue de deux façons (quantitative,
pour apprécier la capacité de l’élève
à juger ses besoins et ses capacités de travail
sur quinze jours, et qualitative, en fonction de la réussite
des travaux effectués dans le cahier du jour). Pendant
ces cinq heures, le professeur est disponible pour écouter,
guider, faire réfléchir. La classe est une sorte
de grand atelier où chacun vaque à son rythme
aux affaires qu’il a choisi de traiter ; mais chacun
sait qu’il doit des comptes et qu’il doit progresser.
La comparaison des grilles d’évaluation quantitative
sur les deux ans est particulièrement parlante quant
à l’autonomie acquise. On peut d’ailleurs
remarquer, d’un point de vue plus général,
l’effet positif des classes à deux niveaux :
elles amènent à différencier les tâches,
mais aussi à faire fonctionner des groupes hétérogènes,
certains élèves pouvant avoir par moments un
rôle de tuteur. |
Une attention constante aux élèves en difficulté
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| Elle
se traduit par un repérage rapide, une analyse des
difficultés, la recherche de so-lutions internes ou
externes à la classe. Au sein de la classe, l’individualisation
de l’enseignement, l’entraide voire le tutorat
entre élèves qui vient d’être évoqué,
sont des formes de réponses intégrées
souvent efficaces. On peut ajouter que traiter l’erreur
comme une phase normale des apprentissages aide à désamorcer
un certain nombre de difficultés, du moins évite
que certaines ne s’enkystent et finissent par paralyser
un enfant.
Les divers recours habituels sont mis en place avec un grand
souci de concertation : PPAP par cycle, coopération
avec le réseau d’aide, les maîtres E ou
G et avec la psy-chologue. Les professeurs constatent
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en
effet le besoin grandissant de soutien psycho-logique, en
particulier en Vendée (évolution soudaine de
la société rurale ? arrivée de familles
exogènes déracinées et souvent plus déstructurées
?). Dans le cadre de la lutte contre le retard scolaire, certaines
équipes misent beaucoup sur le renforcement de la liaison
entre la GS de maternelle et le CP (présentation de
travaux, entraide, projets et outils communs – dont
un répertoire de mots). Dans un CP, une enseignante
propose même une demi-heure de soutien après
la classe, deux fois par semaine, sur des projets contractualisés
avec les familles. |
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Un souci de cohérence avec
l’enseignement au collège
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| De
nombreux enseignants des écoles visitées évoquent
les relations nouées avec le collège de rattachement,
avec des visites interclasses et inter cycles et des temps
d’échange entre équipes. En plusieurs
endroits, c’est une véritable coopération
qui s’est instaurée depuis plusieurs années
avec des journées de travail disciplinaire en commun
et une organisation concertée des informations utiles
à transmettre pour l’inscription en 6ème.
Les maîtres des écoles tiennent par ailleurs
souvent compte des résultats de l’évaluation
de 6ème pour réorienter leur action en fonction
des besoins, sans entrer pour autant dans une logique de «
préparation à l’évaluation de 6ème
». La réflexion collective, dans l’ensemble,
semble un peu plus avancée en mathématiques
qu’en français.
On assiste également, depuis quelques années,
à une prise de relais plus attentive par les collèges
des élèves en difficulté. Une place importante
est faite au diagnostic en prenant appui sur l’évaluation
de 6ème et d’autres évaluations ; puis
diverses réponses sont proposées en fonction
de cette analyse, dont l’adaptation de certains critères
d’exigence et le recours à des séances
de remédiation qui peuvent intégrer des ateliers
de raisonnement logique.
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Pourtant,
l’ensemble des personnes rencontrées s’accordent
pour penser que la remédiation a ses limites. Des enseignants
de collège expriment ainsi leurs doutes auprès
de leurs collègues des écoles : « Les
élèves identifiés en échec scolaire
par l’évaluation de 6ème sont les mêmes
que ceux identifiés en Cycle 3 par les professeurs
des écoles ; comment remédier dans ces cas-là
à des difficultés structurelles ? Pour une majorité
d’élèves où des champs étaient
inférieurs à 50% en mathématiques, le
soutien a permis de remédier à des carences
ponctuelles ; mais cela n’a pas permis à l’élève
de donner tout le sens qu’il faudrait aux apprentissages
ni de transposer ses connaissances vers d’autres matières.
Pire, parfois les notions lexicales et linguistiques ayant
des sens différents d’une matière à
l’autre ont été et restent source de confusion
après un soutien massif. ». Il apparaît
à tous qu’il vaut mieux prévenir que guérir,
que beaucoup de choses se jouent pour les élèves
dès les cycles 1 et 2, dès les premiers apprentissages
de base, puis tout au long de la scolarité à
l’école. Cela incite à considérer
avec beaucoup de respect et d’admiration le travail
effectué par les professeurs des écoles rencontrés.
Exerçant dans des contextes pourtant beaucoup moins
propices que d’autres à la réussite scolaire,
ils parviennent cependant à force de conviction, de
dynamisme et de respect pour les enfants qui leur sont confiés
à amener la très grande majorité d’entre
eux à un niveau de compétences des plus satisfaisants,
à l’entrée au collège. |
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