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Enseignement en milieu pénitentiaire

Le 15 janvier s’est réunie, au rectorat de Nantes, la commission régionale de suivi de l’enseignement en milieu pénitentiaire qui permet chaque année de présenter le bilan de l’année scolaire dans les unités locales d’enseignement des différents centres pénitentiaires et d’établir des axes d’évolution.

Les Académies de Rennes, Rouen, Caen et Nantes, associées à la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires du Grand Ouest et à la Direction Interrégionale de la Prévention Judiciaire de la Jeunesse, sont partenaires pour la mise en œuvre de l’enseignement en milieu pénitentiaire.

Sur l’ensemble de ces quatre académies plus de 5 000 détenus ont pu être scolarisés durant l’année 2017-2018, soit 23,5% de la population carcérale. Dans l’académie de Nantes, plus de 2 350 élèves ont pu bénéficier d’un accès à l’enseignement et 900 d’entre eux ont obtenu un diplôme, allant du Diplôme d’Etude en Langue française (DELF) jusqu’à des diplômes de l’enseignement supérieur.

Les centres pénitentiaires disposent d’une Unité Locale d’Enseignement ; l’académie de Nantes en compte huit au sein desquelles travaillent vingt-deux professeurs accompagnés de plus de 60 enseignants vacataires.

Les objectifs prioritaires de l’école en milieu carcéral sont le repérage de l’illettrisme pour la population des détenus majeurs et la scolarisation des détenus mineurs. À leur entrée en détention, durant l’année 2017-2018, 94 % des détenus mineurs des quatre académies étaient descolarisés depuis au moins un an ; le retour à l’école, durant leur période d’incarcération, est donc un véritable enjeu de réinsertion pour ces jeunes.
De manière générale pour les détenus mineurs comme pour les majeurs, l’accès à l’éducation, à la formation et à la préparation d’un diplôme est fondamental pour préparer leur sortie.

Aller à l’école, reprendre des études, préparer un examen sont des projets qui nécessitent cependant un grand engagement de la part des détenus. Certains obstacles subsistent malgré les efforts conjugués des enseignants et des personnels des services pénitentiaires. L’accès au numérique, par exemple, reste une difficulté pour les détenus qui souhaitent mener des études.
Les représentants de l’Éducation nationale et des services pénitentiaires ont également échangé sur l’évolution à mener afin de permettre aux détenus de pouvoir passer des diplômes complets. Certains bacs professionnels ou BTS ne peuvent être validés que partiellement en prison, ce qui peut être un frein à l’insertion professionnelle des détenus à leur sortie.
Ces deux axes de progression ont donc été au cœur de la commission de suivi de l’enseignement en milieu pénitentiaire.

A l’issue de la commission, la Rectrice de l’académie de Rennes, Armande Le Pellec-Müller, le Recteur de l’académie de Nantes, William Marois, la Directrice interrégionale des Services Pénitentiaires du Grand Ouest, Marie-Line Hanicot, le Directeur interrégional des Services de la Prévention Judiciaire de la Jeunesse, Hervé Duplenne, et le proviseur de l’Unité Pédagogique Régionale, Daniel Menoud, sont allés visiter l’Unité Locale d’Enseignement du centre de détention de Nantes.
Une rencontre avec des détenus a été organisée durant laquelle chacun a raconté son parcours scolaire et sa motivation à reprendre des études.
Les témoignages ont été souvent émouvants ; les détenus ont expliqué qu’il leur a fallu être incarcéré pour prendre conscience de l’importance d’avoir une formation et des diplômes pour retrouver une place dans la société. C’est en prison, pour certains d’entre eux, qu’ils ont pu décrocher leur premier diplôme et accéder à la fierté (et à celle de leur famille) de leur réussite.

Cette visite a également été l’occasion pour les enseignants de l’ULE de présenter la mise en œuvre du BTS Management des Unités Commerciales (MUC) et du BEP Métiers de la Relation aux Clients et aux Usagers (MRCU), qui ont pour spécificité d’être entièrement validables en prison car la partie professionnelle de la formation ainsi que les stages peuvent être réalisés au sein-même des infrastructures des services pénitentiaires.

Enfin, une cérémonie de remise de diplômes a permis à près de trente détenus de recevoir leur diplôme des mains de la Rectrice Le Pellec-Müller et du Recteur Marois.

Reportage photo






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Rédigé par Gaetan Lemarie

M.A.J. le 07/02/2019