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Solidaires

Sensibiliser les élèves à l’Économie Sociale et Solidaire

La Semaine de l’Économie Sociale et Solidaire à l’École s’est déroulée du 25 au 30 mars, l’occasion pour le Recteur d’aller à la rencontre d’entreprises de ce secteur en pleine expansion dans notre région.

La Semaine de l’E.S.S à l’École fait partie des programmes d’actions et des outils innovants d’éducation à l’E.S.S mis en place à destination des élèves et des enseignants.
A travers ce temps fort les écoles, les collèges et les lycées sont invités développer des actions autour d’une économie qui prône une manière d’entreprendre collectivement et où la citoyenneté, la démocratie, la coopération, le respect de l’autre ainsi que le développement durable prennent tout leur sens.

A cette occasion le Recteur William Marois s’est intéressé à des entreprises de l’économie sociale et solidaire implantées en Maine-et-Loire. A l’initiative et en présence des représentants de la CRESS* des Pays de la Loire et de l’ESPER**, il a visité à Angers deux structures qui concilient valeur humaine et valeur économique.
 

 

La SADEL, une coopérative au service des savoirs

La SCOP SADEL est spécialisée dans la distribution de papèterie, librairie, articles pour les loisirs créatifs et matériel éducatif auprès des collectivités et des acteurs du monde de l’éducation. Le magasin angevin situé dans le quartier Saint-Serge a accueilli le Recteur et les acteurs régionaux et départementaux de l’économie sociale et solidaire pour une présentation de la SCOP et la visite du site qui héberge un magasin-librairie. Fondée il y a plus de 60 ans, la Société Angevine D’Édition et de Librairie est devenue une SCOP en juillet 2018. Sur les 135 salariés, 97 ont fait le choix d’investir (parts allant de 500 à 2000 €) dans la constitution de la société coopérative et sont ainsi devenus actionnaires.

La politique d’insertion de la SADEL permet d’accueillir régulièrement des jeunes en contrat de professionnalisation. Deux alternants, l’un en BTS logistique et l’autre en Master 2, travaillent actuellement à la SADEL. Une cinquantaine d’intérimaires, notamment des étudiants, viennent grossir les rangs des effectifs en période de forte activité, entre mai et septembre, pour la préparation de la rentrée.

La SADEL fait partie d’un réseau de structures regroupées sous la bannière « SavoirsPlus », permettant de couvrir l’ensemble du territoire national. NLU et LIRA, les deux autres entités, situées respectivement dans la région d’Auxerre et dans la Drôme, disposent de leur propre entrepôt, avec celui de Brissac dans le Maine-et-Loire, pour fournir les cinq magasins du groupe et livrer les commandes ; ils totalisent à eux trois 60 millions d’euros de chiffre d’affaires (40 millions d’euros pour la seule SADEL). La fusion aura lieu officiellement en janvier 2020.
Les métiers au sein du groupe sont variés : logistique, marketing, vente-conseil, VPC, administration et service après-vente, etc. Dix-sept commerciaux sillonnent le pays et prospectent les établissements allant de la petite enfance au lycée ainsi que les partenaires institutionnels.
A travers l’exemple de la SADEL et plus largement du groupe « SavoirsPlus », l’économie sociale et solidaire montre que les valeurs qu’elle défend se traduisent concrètement par des emplois et des structures solides.
 

Agapè Anjou, donner un nouveau départ à des jeunes

L’association Agapè a été créée par le Comité Français de Secours aux Enfants (CFSE). Elle gère en Anjou une école de production dédiée aux métiers de bouche et accueille les décrocheurs du système scolaire (de 16 à 25 ans) pour les conduire en deux ans aux diplômes de CAP Cuisine ou de CAP Commercialisation et Service en Hôtel Café Restaurant. En leur offrant une formation technique et professionnelle de niveau V, Agapè Anjou réconcilie les jeunes avec les apprentissages et les accompagne jusqu’à leur insertion professionnelle. L’école de production dont le principe est « faire pour apprendre » a à cœur de transmettre des savoirs mais aussi et surtout des savoir-faire et des savoir-être. Sur les 25 écoles recensées en France, 5 sont implantées dans les Pays de la Loire : au lycée de Briacé au Landreau, à l’ICAM et au lycée Les Établières à La Roche-sur-Yon, à l’ICAM de Nantes, sans oublier le site du MIN d’Angers. Les journées de formation sont organisées autour de la pratique (2/3 du temps) et de la théorie (1/3). Les apprenants, encadrés par des maîtres professionnels bienveillants, découvrent l’esprit d’équipe et sont responsabilisés. Ils travaillent également les matières générales à raison de deux heures par jour.

Ancrer les apprentissages dans la réalité économique, c’est la force de ce dispositif. Les jeunes, au nombre de 28 cette année, produisent pour de vrais clients et sont formés à trois types de restauration avec le restaurant d’application « L’entrecôte » (sur le site de l’école, au MIN), la cafétéria de l’ICAM d’Angers, et tout récemment le food truck à l’IFEPSA.  Ils sont en outre sensibilisés aux valeurs de l’ESS dans une vraie entreprise. Agapè Anjou soutient et privilégie les éleveurs et les producteurs locaux, la proximité et la qualité des produits. L’association travaille régulièrement avec les entreprises de l’ESS, une économie en cohérence avec sa philosophie et son ouverture.

Maxime vient du lycée Simone Veil à Angers : « Rester assis toute la journée, ça ne me convenait pas ; j’ai vite arrêté. Une ancienne professeure de mon collège m’a parlé d’Agapè. Le rythme ici me convient mieux et j’adore travailler au foodtruck. Je vais passer mon CAP Cuisine à la fin de l’année ».
Sarah, à l’issue de la 3e, avait pour projet de passer un CAP Pâtisserie mais n’a pas trouvé de patron pour son apprentissage. Elle s’est dirigée vers un Bac pro ASSP pendant un an, puis vers un CAP boulangerie qu’elle a décroché : « On m’a parlé d’Agapè et le principe m’a plu. J’ai un CAP mais je repasse un CAP Cuisine car je souhaite créer ma propre activité de traiteur ».
Quentin a suivi une 3e prépa pro dans la restauration au lycée Jeanne Delanoue à Cholet : « Il y avait trop de théorie et pas assez de pratique. Mon stage chez un employeur ne s’est pas bien passé. J’ai trouvé à l’école de production ce que je cherchais, des professeurs qui nous accompagnent et beaucoup de pratique ».

La directrice d’Agapè Anjou Béatrice Rombout a résumé la philosophie de l’école de production : « On ne fait bien que ce qu’on fait soi-même » (Aristote).

*CRESS : Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire
**ESPER : Économie sociale et solidaire partenaire de la république


Les chiffres clé de l’ESS dans les Pays de la Loire :

  • 2ème région française en termes d’emplois ESS dans l’emploi total (13,1 %) ;
  • 15 419 établissements dans le secteur de l’ESS (soit 12,7 % des établissements publics et privés) et 165 416 salariés (soit 17,7 salarié(e)s en moyenne par établissement) ;
  • 80 % des communes comptent au moins un établissement employeur de l’ESS (58 % au national).
En Pays de la Loire, l’ESS représente :
  • 66 % de l’ensemble des emplois du secteur sports et loisirs ;
  • 64 % de l’ensemble des emplois du secteur de l’action sociale ;
  • 37 % de l’ensemble des emplois du secteur des activités financières et d’assurance ;
  • 36 % de l’ensemble des emplois du secteur de l’enseignement ;
  • 34 % de l’ensemble des emplois du secteur des arts et spectacles.
(Source : Observatoire de l’ESS – CRESS Pays de la Loire – CLAP 2011 et 2015)

 
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Rédigé par Gaetan Lemarie

M.A.J. le 18/04/2019