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L’orientation au croisement des enjeux politiques, économiques, sociaux et personnels !

Publié le 17/01/2019 Mis à jour le 22/01/2019

Depuis 1975 la mixité sur les bancs de l’école publique est obligatoire. Pour autant des constats récurrents mettent en évidence des destins scolaires et des choix d’orientation et d’insertion scolaires très inégaux entre filles et garçons.

La mixité ne suffit donc pas à créer l’égalité et les politiques volontaristes successives n’ont pas réussi à faire bouger les statistiques. A l’issue du collège, dès que l’offre de formation se diversifie, l’investissement des différentes filières est fortement sexué. L’évolution des rôles des femmes et des hommes dans notre société ne semble avoir qu’une très faible répercussion sur les choix d’orientation.

Comment analyser ces résistances ?

Les politiques engagées en faveur de l’égalité entre les filles et les garçons et les explications apportées ont toujours ciblé les filles : « les filles réussissent mieux mais sont sous-représentées dans les secteurs scientifiques, intègrent moins souvent les écoles d’ingénieurs, désertent les filières techniques et choisissent rarement des métiers dits « masculins » ». Quid des garçons ? C’est l’étude de la répartition des filles et des garçons suivant les filières qui doit nous questionner pour comprendre pourquoi les « unes » se dirigent vers les secteurs du soin et du social et les « uns » vers les sciences et techniques. 

Car le processus d’orientation est complexe : le projet professionnel et scolaire comporte des enjeux économiques et personnels. Qu’est-ce que je veux pour moi et pour ma vie future ? Quelle image de moi vais-je construire ? Quelle reconnaissance de mon environnement cela va-t-il provoquer ? Qu’est ce qui est attendu de moi au regard du système de normes en tant que femme ou homme ? Quelle insertion dans le milieu professionnel et quelle intégration parmi mes pair(e)s ?

Orientation

L’adolescent(e) qui construit son projet d’orientation se trouve aux prises à la fois avec sa construction identitaire sexuée et une projection à opérer dans des contextes sociaux et professionnels fortement emprunts de modèles normatifs. Il faut pouvoir se prouver à soi-même et aux autres qu’on est une vraie fille ou un vrai garçon et qu’on fait des choix et des projets qui confortent cela. Le besoin de reconnaissance peut participer à renforcer les normes culturelles inculquées dès l’enfance. Devenir soi en toute indépendance comporte des risques auxquels il faut être capable de faire face ! Quant au monde du travail, il fait écho à cette difficulté de transgression des stéréotypes et rôles des sexes : métiers « d’hommes » ou « de femmes », inégalités salariales, promotions différenciées, quotité de travail…

École, travail, la division sexuée encore très présente doit pouvoir être influencée par une éducation à la prise de conscience des normes « féminin/masculin » qui entravent l’évolution des destins scolaires et de la société dans son ensemble.

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront ». (René Char)

 Patrice Herzecke, CSAIO/DR Onisep (Ecrit collaboratif)



Date :
01/10/2018
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Rédigé par Xavier Rolland

M.A.J. le 22/01/2019