Dans l’après-midi, c’est à la préfecture de la Sarthe, au Mans, que Suzanne et Adolphe Busson ont reçu, à titre posthume, la médaille de Justes parmi les Nations. Il s’agit de la plus haute distinction civile de l'État d'Israël, décernée par l'Institut Yad Vashem aux non-Juifs ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs durant la Shoah.
Ce couple de résistants sarthois, reconnu en juillet 2024, rejoint ainsi les 94 Sarthois déjà honorés de ce titre.
M. Sébastien Jallet, préfet de la Sarthe, et M. Assaf Moran, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Israël en France, ont présidé l'hommage qui a réuni les familles et des personnalités dont Joseph Weismann, rescapé de la rafle du Vel d'Hiv.
Mais ce matin-là, avant la cérémonie officielle à la préfecture, c’est dans la cour de l’école qui porte le nom de cette institutrice engagée, que l’hommage a commencé.
En effet, tous les élèves de l’école du Mans se sont rassemblés pour célébrer, comme chaque année, Suzanne Busson.
Mais cette fois, la présence, côte à côte, des familles Javice et Busson a donné à cette commémoration une dimension encore plus émouvante. Le 26 mars dernier, Gérard et Hervé Javice, accompagnés de Jocelyne Pauvert-Busson, sont allés à la rencontre des élèves de CM2. Grâce aux échanges, les élèves ont pu reconstituer le parcours de Laure, 12 ans en 1942, sauvée de la déportation grâce aux deux époux.
Mais qui étaient vraiment Suzanne et Adolphe Busson ? Elle, institutrice. Lui, chef de division à la préfecture de la Sarthe. Membres d’un réseau de résistance, ils ont mis leurs fonctions au service de ceux que le régime de Vichy voulait anéantir. Le 14 juillet 1942, apprenant qu'une rafle se prépare au Mans, Suzanne prévient sans attendre Annetta Raszewski. La mère et sa fille, Laure, fuient vers la zone libre. Un geste simple pour deux vies sauvées.
Maïmouna, 11 ans, a trouvé les mots justes : « Ils ont été courageux. »
Riche de ces informations, les élèves ont travaillé pendant plusieurs semaines, sous la conduite de leurs enseignantes, Sylvie Edet et Sophie Willaume, à restituer, à travers textes et chansons, le destin des Busson et de celles qu'ils ont sauvés. Après cette cérémonie à leur échelle, dans un lieu familier, les enfants eu la chance de se rendre à la préfecture pour la remise officielle.
Ce projet témoigne de la force et de l’importance de la transmission. Alors que les témoins directs disparaissent, il nous appartient de faire vivre la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui ont choisi la solidarité et le respect de l'autre au péril de leur vie. Non seulement pour ce qu’ils ont fait, mais également pour ce qu’ils nous enseignent : que le bien peut exister, même dans les moments les plus sombres, et que l’humanité se construit à travers ces actes de courage, parfois discrets, mais toujours essentiels.
Mise à jour : mai 2026





