Le consentement, un apprentissage pour grandir libre et responsable
Le 29 septembre 2025, la journée académique sur le consentement, organisée par l’académie de Nantes en partenariat avec Nantes Université et la Cité des Congrès, a réuni près de 1 400 lycéennes et lycéens issus des cinq départements des Pays de la Loire et leurs enseignants.
Autour d’un enjeu fondamental :
Comprendre, enseigner et vivre le consentement. Cet événement, emblématique du déploiement du programme d’Éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS), est le symbole d’une École engagée face aux enjeux majeurs d’égalité, de justice et de prévention des violences sexistes et sexuelles.
Instauré par la loi du 4 juillet 2001 et renforcé depuis la rentrée 2025, le programme EVARS (Éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité) propose un parcours éducatif progressif, de la maternelle au lycée. Il s’appuie sur une approche globale, positive et bienveillante qui articule les dimensions biologiques, psycho-émotionnelles, sociales et juridiques de la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Son ambition : former des citoyens libres et responsables, capables de comprendre leurs émotions, d’exprimer leurs choix, et de respecter ceux des autres. Au lycée, les séances abordent le consentement comme une compétence humaine et sociale, indissociable du respect de soi et de l’autre. Dire « non », entendre le « non » de l’autre, assumer un « oui » éclairé : autant d’apprentissages essentiels pour grandir dans une société en mutation, marquée par la libération de la parole et la redéfinition des relations.
Porté par les équipes éducatives, les personnels de santé et les associations partenaires, l’EVARS dépasse la simple prévention pour devenir un véritable espace de réflexion citoyenne, où l’école contribue activement à l’égalité entre les femmes et les hommes.
« Le consentement : si ce n’est pas oui, c’est non ! »
Organisée par l’académie de Nantes en partenariat avec Nantes Université et la Cité des Congrès, la conférence sur le consentement a rassemblé un large public d’élèves, d’enseignants et de professionnels de l’Éducation nationale autour d’un documentaire saisissant : Viol, défi de justice, réalisé par Marie Bonhommet.
Tourné au cœur de la cour criminelle de Nantes, le film plonge dans l’intimité d’un procès pour viol, révélant les dilemmes de la justice face à la parole des victimes et à la complexité du consentement. Après la projection, un débat animé par Anne-Lyse Thomine a permis un dialogue croisé entre Diariata N’Diaye, fondatrice de l’association Résonantes, Anne Bouillon, avocate pénaliste, et Nicolas Rafin, sociologue à Nantes Université.
Cette pluralité de regards – juridique, sociologique et associatif – a permis d’interroger la notion de consentement dans la société. Les échanges, nourris par les questions spontanées des lycéens, ont apporté des clarifications indispensables sur les notions de viol, de consentement et de justice.
L’événement a aussi mis en avant le travail des partenaires de l’Éducation nationale : des associations agréées, présentes sur place, ont proposé des ressources utiles à la sensibilisation, à la prévention et à l’accompagnement des jeunes et des professionnels.
Travailler le consentement avec les lycéens : du visionnage à la réflexion partagée
Chaque année, au minimum trois séances doivent être consacrées à une information et une éducation à la sexualité. Cette année, à la conférence, se sont naturellement ajoutées deux séances destinées à préparer et prolonger la réflexion.
Avant la projection, les élèves ont travaillé sur les notions abordées dans le film et sur le fonctionnement de la justice.
Après le film, en posant le cadre d’un dialogue respectueux fondé sur l’écoute, la confidentialité et la bienveillance, les discussions, animées par les enseignants référents du programme EVARS, ont permis aux élèves d’exprimer leurs émotions et de faire part de leurs questionnements. Ces premiers échanges ont servi de point d’appui à des ateliers thématiques permettant aux élèves de matérialiser sur le papier les apprentissages réalisés lors de ce parcours d’enseignement :
- Comment éviter les situations ambiguës ? (communication, respect, sobriété, consentement explicite)
- Comment se déroule un procès ? (écoute des témoignages, plaidoiries, délibération, décision, énoncé du jugement, exécution de la décision)
- Qu’est-ce que le viol ? (rappel des définitions légales et des conditions du consentement).
Cette dernière séance a conduit les élèves à faire le lien entre l’émotion suscitée par le film et l’apprentissage citoyen. Ainsi, le consentement n’est plus une notion théorique, mais un repère concret : un guide pour vivre ensemble, dans le respect de soi et des autres.
Plus largement, par ce travail spécifique, engagé dans le cadre du programme EVARS, l’école devient un lieu privilégié où l’on apprend à exprimer ses choix, écouter ceux des autres et agir avec responsabilité. En développant ces compétences essentielles, ce programme prépare les élèves à construire une société plus juste et solidaire.
" Animer une séance d’EVAR (dans le premier degré) ou d’EVARS (dans le second degré) implique une posture bien différente de celle adoptée par un professeur lors d’une séance d’enseignement disciplinaire.
Différents types de formations sont proposées aux personnels de l’Éducation nationale pour travailler cette posture, s’approprier le programme, expérimenter des jeux, des outils, des supports afin d’être en mesure de mener les séances avec les élèves dans un cadre propice aux échanges et à la réflexion.
Dans le second degré, deux possibilités sont offertes aux personnels : soit ils s’inscrivent à une formation individuellement (deux jours en présentiel complétés par un parcours à distance) ; soit le chef d’établissement inscrit une partie de son équipe pédagogique (deux formateurs se déplacent alors et viennent travailler avec les enseignants et autres membres de la communauté éducative sur deux journées, pour construire le projet d’EVARS local). Dans chaque collège et dans chaque lycée, un référent EVARS est identifié. Il bénéficie d’un accompagnement sur une demi-journée pour s’approprier le programme et monter en compétences sur la thématique.
Dans le premier degré, des sessions de formation EVAR, à destination des conseillers pédagogiques, seront mises en œuvre dans le courant du premier trimestre. À leur tour, les conseillers pédagogiques animeront des formations EVAR avec les directeurs d’école et les professeurs des écoles. "
Lise BAILLY, IA-IPR SVT, co-pilote EPSa, référente EVARS
Mise à jour : octobre 2025



