Pendant cinq jours, bibliothèques, librairies, établissements scolaires et lieux culturels se mobilisent pour proposer une programmation variée : lectures à voix haute, rencontres avec des auteurs, ateliers d’écriture, performances artistiques, jeux littéraires ou encore moments de lecture partagée. Autant d’initiatives qui font de la lecture un temps de convivialité, d’échange et de découverte, accessible à tous les publics.
À cette occasion, l’académie de Nantes met à l’honneur la lecture à travers une sélection d’ouvrages recommandés par l’équipe communication ainsi que par Madame la rectrice. Polar, roman fantastique, récit inspirant ou œuvre contemporaine : ces propositions illustrent la diversité des genres et des sensibilités littéraires, et témoignent de la richesse de la création éditoriale.
Les Nuits de la lecture constituent ainsi un temps fort pour rappeler le rôle essentiel de la lecture dans la formation de l’esprit critique, l’ouverture culturelle et le plaisir d’apprendre. Elles s’inscrivent pleinement dans les actions menées par l’académie en faveur de la maîtrise de la langue et de l’accès à la culture pour tous.
Découvrez la recommandation de Madame la rectrice ci-dessous :
« L’actualité, les démonstrations de brutalité politique auxquelles nous assistons, effarés, m’a donné envie de relire le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie. La seconde partie de son titre (ou le contre’un) précise ce que l’ami de Montaigne interroge derrière son oxymore fameux : la déconcertante soumission de tous à la tyrannie d’un seul d’entre eux.
« Je ne voudrais sinon entendre comme il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de nations, tant de villes, endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent. »
Cette force qui subjugue au sens propre du terme l’humanité ne tient pour La Boétie qu’aux renoncements de cette dernière, parce qu’elle s’est habituée à la servitude, qu’elle est maintenue dans l’ignorance par celui qui la domine et parce que le tyran trouve du soutien chez les tyranneaux qui reproduisent sa domination à leur échelle, par intérêt, jusqu’à enserrer de degré en degré dans les chaînes de l’asservissement ceux qui auraient pourtant la force du nombre.
Dissertation d’étudiant éminemment subversive, écrite au mitan d’un XVIe siècle qui avait déjà sondé les digues, les « retenails » qu’il était sage de prévoir contre un souverain devenu fou ou abusant de son pouvoir, le Discours a d’abord circulé sous forme de copies, sans être publié. Il fut récupéré dans les pamphlets protestants de la seconde moitié du siècle, dans des libelles de la Fronde (1648-1653), puis lors de la Révolution française. Il était un incontournable de mes études d’histoire moderne. Avec ses illustrations puisées dans l’Antiquité et ses faux airs surannés, c’est un hymne éternel à la liberté. »
Mise à jour : janvier 2026


